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Stade ultime de dégradation du sol : le zipellé

Stade ultime de dégradation du sol : le zipellé

Intensification écologique

Consolidation des connaissances et des références sur la réhabilitation des sols dégradés dans la zone sahélienne sèche avec la technique du zaï mécanisé

 

Le projet COREF - Zaï



Dans la zone Sahélienne sèche, la dégradation des sols contribue de manière significative à l'insécurité alimentaire, l'appauvrissement des populations rurales et la perte des ressources naturelles.


Le zaï est une mesure technique utilisée au Mali, Niger et Burkina Faso pour forcer les eaux de pluies à s'infiltrer dans le sol. C'est une solution qui permet de cultiver tout en réduisant l'érosion par l'eau et en réhabilitant le sol dégradé.

Le zaï permet une forme d'agriculture de précision où l'efficience de l'utilisation de l'eau et des intrants est améliorée. En conséquence, la production de biomasse et les rendements des cultures sont améliorés.

 

L'origine des zipellés

L'agriculture est le secteur d'activité qui emploi le plus d'actifs au Sahel, d'après la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations), en 2000, 61% des habitants du Sahel travaillent dans l'agriculture. Cependant la production de cette zone n'est pas suffisante pour répondre aux besoins de toute la population qui y vit, ceci pour plusieurs raisons.

  • Le climat sahélien

    Le Sahel africain est la transition entre le Sahara aride et les régions tropicales plus humides au Sud, il y pleut entre 100 et 600 mm par an. Il est balayé par 2 masses d'air qui définissent les saisons :

    • L'Harmattan en saison sèche (entre 7 à 8 mois), un vent sec, chaud et chargé en poussières venant du Sahara.
    • La Mousson en saison des pluies (entre 4 à 5 mois), une masse d'air chaude venant des hautes pressions océaniques de l'hémisphère sud. Les pluies sont très violentes et irrégulières, cette saison correspond à la période de cultures.
    Au cours des périodes de retraits et d'installation des saisons, les températures sont plus élevées (jusqu'à 45°C) et les vents particulièrement violents. Les fortes températures, les pluies et vents violents sont à l'origine de la dégradation des sols sahéliens.
  •  

  • La nature des sols sahéliens

    Les sols sahéliens sont majoritairement ferrugineux, très durs et plus ou moins profonds : ils reposent sur une cuirasse ferralitique impénétrable qui affleure à certains endroits par érosion.

    La formation des sols ferrugineux est très longue ; l'altération des minéraux primaires et le lessivage des éléments libérés laissent en place un sol acide (pH 5 à 6.2), pauvre en azote et phosphore et riche en argile néoformée (kaolinite). De plus, les fortes températures accélèrent la minéralisation des matières organiques, les minéraux sont lessivés, ces 2 éléments sont donc en très faible quantité dans les sols sahéliens.

    La composition de ces sols n'est pas favorable à l'agriculture, l'association kaolinite/faible taux de matières organiques confère une mauvaise structure aux horizons superficiels, une faible capacité à retenir de façon provisoire les nutriments et l'eau nécessaire aux cultures. La profondeur des sols et leur pauvreté en azote et phosphore jouent également un rôle important dans la limitation de la production.

    Les sols sahéliens évoluent très lentement par action du climat, ils sont considérés comme pénéstables.

rendement paille ( kg/ha) entre 2000 et 2004

rendement paille ( kg/ha) entre 2000 et 2004

rendement grains ( kg/ha) entre 2000 et 2004

rendement grains ( kg/ha) entre 2000 et 2004

 

Le Zaï

Cette technique est efficace dans les régions de pluviométrie comprise entre 300mm et 850mm.

Au deçà de 300 mm/an, comme dans la zone saharienne, quand les pluies sont mal réparties ou qu'elles s'arrêtent trop tôt, il y a risque d'échaudage. La technique des demi-lunes est alors plus efficace.

Au-delà de 850 mm/an, comme en zone soudanienne, le sol est saturé en eau, celle-ci ne s'infiltre plus, les semis se gorgent d'eau et deviennent infertiles, l'eau ruisselle, il y a érosion : les effets provoqués sont inverses à ceux attendus.

Ce projet constitue un des Workpackages du projet INCO-AIDA.

Il est réalisé par une équipe mixte :

Il a démarré en mars 2008. Un binôme franco-burkinabé de deux stagiaires est actuellement sur le terrain :

 

Thèmes associés

 Rabah Lahmar, (CIRAD)
Albert Barro (INERA)
Delphine Droux (Stagiaire CIRAD)

Adresse    : CIRAD - Direction régionale
av. Kennedy - BP 596
Ouagadougou - Burkina-Faso

Téléphone : +226 50 30 70 70
Télécopie  : +226 50 30 76 17
Courriel    : rabah.lahmar@cirad.fr
 

 


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