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Afrique de l'Ouest continentale
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<em>Glossina tachinoides Westwood</em> (dessin J. Bouyer)

Glossina tachinoides Westwood (dessin J. Bouyer)

Risques sanitaires

Glossines et trypanosomoses : un défi pour le développement de l'élevage en Afrique

 

Les Glossines, vecteurs de la trypanosomose (maladie du sommeil)


<em>Glossina palpalis gambiensis Vanderplank</em> piquant un homme

Glossina palpalis gambiensis Vanderplank piquant un homme

Contexte

En Afrique sub-saharienne, les trypanosomoses animales transmises par les glossines (mouches tsé-tsé) ont des conséquences économiques et sociales considérables sur l'élevage : dans les pays infestés, les trypanosomoses animales reste la principale contrainte pathologique à son dévelopement. Les populations de glossines sont dépendantes de données biotiques (végétation, hôtes nourriciers), abiotiques (température, humidité) mais aussi de facteurs anthropiques (occupation du sol, modification du couvert végétal, raréfaction de la faune, densification du bétail, aménagements, ...).

De ce fait, le contrôle de cette pathologie et la lutte contre ses vecteurs repose sur une bonne connaissance de l'écologie des glossines, en particulier des facteurs influençant la capacité vectorielle de ces dernières (abondance, distribution, comportement trophique).

Utilisation de la télédétection pour cartographier la densité des glossines et le risque trypanosomien

Les travaux en cours ont permis de préciser les relations entre groupements végétaux ripicoles1 (et leur niveau de dégradation) et l'abondance des principales espèces vectrices au Burkina Faso, Glossina tachinoides Westwood (Diptera: Glossinidae) et G. palpalis gambiensis Vanderplank, espèces riveraines inféodées aux cordons ripicoles entourant les cours d'eau.
1végétation vivant au bord des eaux courantes

L'analyse des paysages péri-riverains, dont dépend leur niveau de dégradation, a alors permis de spatialiser leurs densités, ainsi que le risque trypanosomien à travers les composantes principales de la capacité vectorielle sur l'ensemble de la boucle du Mouhoun, aboutissant à la définition de 3 paysages à risque sur 702 km de réseau hydrographique.

La méthode utilisée repose sur une approche paysagère basée sur des données environnementales analysées par télédétection. Les cordons ripicoles sont des entités spatiales trop petites pour être analysées directement. Une analyse des pixels environnants le cours d'eau à partir d'images Landsat 7TM (pixels à 30m) permet alors d'identifier certaines propriétés du cordon ripicole (comme sa dégradation ou son écotype) à partir des propriétés des pixels voisins : des groupes de voisinage similaire sont identifiés et confrontés aux relevés de terrain, puis le risque de transmission trypanosomienne cyclique y est estimé par calcul du taux d'inoculation entomologique (produit de la densité relative des vecteurs par le pourcentage de glossines infectantes).

 

Piege à Glossines

Piege à Glossines

Traitement des animaux par passage dans un pédiluve acaricide-insecticide, B.Faso

Traitement des animaux par passage dans un pédiluve acaricide-insecticide, B.Faso

Gite de <em>G.palpalis</em>

Gite de G.palpalis

Gite de <em>G.palpalis</em>

Gite de G.palpalis

Les techniques mises au point dans cette étude ont par ailleurs été utilisées pour mettre en place la collecte des données entomologiques de base du projet d'élimination des glossines dans les Niayes du Sénégal, en collaboration avec la Direction de l'élevage du Sénégal et l'agence internationale pour l'énergie atomique.

Fragmentation des paysages et structure des populations

La saturation des espaces agro-sylvo-pastoraux (augmentation de la densité animale, cultures de rente comme le coton), associée aux changements climatiques (réduction de la pluviométrie) sont à l'origine d'une fragmentation toujours plus importante des écosystèmes favorables aux glossines. Les cordons ripicoles constituent alors des corridors permettant à ces dernières de circuler entre les zones favorables résiduelles, localisées autour des zones protégées.

Des études de dispersion (marquage-lâchers-recaptures), de génétique des populations et de morphométrie géométrique permettent alors de quantifier ces flux et de mieux comprendre la structure des populations cibles (degré d'isolement, taille efficace des populations). Ces études préliminaires à la lutte anti-vectorielle sont destinées à des grands projets de lutte à l'échelle de populations entières (area-wide management), notamment dans le cadre de la PATTEC (Campagne Pan-Africaine d'Eradication des Tsé-tsé et des Trypanosomoses) afin de cibler la lutte, mais aussi l'implantation de barrières permettant d'isoler des sous-unités plus vulnérables, qui peuvent alors être attaquées séquentiellement. Elles ont permis de montrer que les populations de G. palpalis gambiensis sont fortement structurées sous l'effet de la fragmentation de leur habitat, alors que les populations de G. tachnoides ne le sont pas, cette dernière étant plus xérophyle. Si un programme d'élimination devait être envisagé au Nord de la boucle du Mouhoun, il serait alors indispensable de mettre en place des barrières à la dispersion, sous peine de ré-invasion des zones libérées.

Comportement trophique

L'éthologie des vecteurs et en particulier l'étude de leur comportement trophique est à l'origine de la découverte de deux spécificités ayant des conséquences importantes pour l'épidémiologie et le contrôle des trypanosomoses. D'une part, l'existence d'un apprentissage trophique, entraînant le détournement des préférences trophiques vers le premier hôte rencontré, a des conséquences épidémiologiques importantes, et conduit à reconsidérer les modèles épidémiologiques actuellement utilisés, qui ne prennent pas ce phénomène en compte, la préférence trophique des individus, qui entre dans la définition de la capacité vectorielle, étant considérée constante.

De plus, la confirmation d'un tropisme d'attaque des glossines pour l'extrémité des membres des bovins, a permis l'adaptation du pédiluve acaricide/insecticide contre ces vecteurs (fig. 5), conduisant au développement d'une technique de lutte intégrée contre les principaux vecteurs des zones sub-humides d'Afrique de l'Ouest (la tique Amblyomma variegatum et les glossines). Cette technique est en cours d'implantation par des projets de développement dans les zones péri-urbaines du Burkina Faso et l'installation de pédiluves de démonstration est prévue dans de nombreux pays voisins (Mali, Bénin, Ghana, Tchad, Cameroun, RCA, Sénégal).

Financements

Les travaux menés, essentiellement au Burkina-Faso en collaboration avec un partenaire stratégique ancien, le CIRDES sont, depuis fin 2005, financés par un projet du Wellcome Trust (FRAGFLY), des financements d'entreprises privées (SAPHYTO, CEVA-Santé Animale, BAYER) ou d'organisations internationales (IAEA, CORAF, UEMOA).

Partenaires :

Publications

 Jeremy Bouyer (Cirad Burkina Faso)
Laure Guerrini (Cirad Burkina Faso)

Adresse    : CIRAD/CIRDES
01 BP 454
Bobo dioulasso - Burkina Faso

Téléphone : + (226) 20 97 44 62
Télécopie  : + (226) 20 97 23 20
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