








Fruits de Jatropha curcas



2. Système « Gaya » Arachide-Agrumes avec bordures de Moringa oleifera (légume-feuille)

1. Système « Gaya » Riz-Agrumes en hivernage, des cultures maraîchères (oignon, laitue, poivron ... ) étant implantées après la récolte du riz
Ce programme a démarré début 2008 avec l'affectation à l'Icrisat-Niamey d'un entomologiste de l'Unité Propre de Recherche (UPR) du Ciras "Fonctionnement agroécologique et performance des systèmes de culture horticole" (HortSys) du Cirad.
Il vise à étudier les impacts positifs ou négatifs de l'introduction d'une diversification végétale planifiée dans des agrosystèmes mixtes (vivriers-horticoles), sur les populations et dégâts de ravageurs des cultures.
Ce programme est un point de rencontre entre différentes approches et priorités stratégiques :
En effet, l'Icrisat promeut en Afrique sahélienne des agrosystèmes complexes associant cultures vivrières (céréales et légumineuses) et cultures à forte valeur économique et nutritionnelle (fruits et légumes) pour augmenter les revenus et le statut nutritionnel des populations de cette région.
De tels systèmes ont été développés traditionnellement par les paysans, mais dans les zones à forte pluviométrie (e.g. système dit "Gaya" qui associe riziculture et autres cultures vivrières avec arboriculture fruitière et maraîchage : Figs 1 et 2).

3. Planches de tomate et gombo en irrigation goutte-à-goutte basse pression dans un Jardin Potager Africain

4. JPA : réservoir et système irrigation goutte-à-goutte basse pression, palmier-dattier, cultures maraîchères, haie de Pourghère (Jatropha)

5. Eco-ferme sahélienne avec jujubiers greffés et niébé, bordés d'Acacias

6. Biorécupération de terres dégradées
Il s'agit notamment

9. Chenille de la noctuelle Helicoverpa armigera sur sorgho

11. Vue du dispositif expérimental de Konni
Les problèmes phytosanitaires sont une contrainte majeure à la productivité de ces systèmes. Aussi, pour répondre à des préoccupations de rentabilité économique, de santé humaine et de durabilité environnementale, le programme s'est donné pour objectif un recours minimal, voire une suppression de l'utilisation de pesticides de synthèse dans ces agrosystèmes, par la mise en oeuvre d'une approche agroécologique.

8. Punaise des panicules Eurystylus oldi sur sorgho
Avant de l'élargir à l'ensemble des principaux ravageurs des cultures vivrières et horticoles des agrosystèmes traditionnels ou à base de diversification végétale des zones sahélienne et soudanienne on a appliqué l'approche dès cet hivernage 2008 à la noctuelle de la tomate sur gombo, et à la punaise des panicules sur sorgho.
En effet, Helicoverpa armigera est un ravageur important de la tomate et du gombo (Fig 7) dans le cadre des JPA ou des systèmes maraîchers traditionnels.
Sur le sorgho, la punaise des panicules du sorgho Eurystylus oldi est également un ravageur important des variétés améliorées à panicule compacte dans toute la région (Fig 8), et donc un frein important à l'intensification de la culture.
Or, des études préliminaires, notamment au Cirad et à l'Icrisat, ont mis en évidence le potentiel que présente l'utilisation de plantes-pièges pour la gestion de ces deux ravageurs, dans le cadre d'une approche de type "push-pull" (Figs 9 et 10).
On a choisi l'option de tester les plantes-pièges candidates en bordure plutôt qu'en association avec la culture principale, ce qui permet d'utiliser des plantes semi - pérennes (stades sensibles plus étalés dans le temps) et d'exploiter l'effet de barrière à l'infestation en provenance de l'environnement des parcelles cultivées, par rapport à H. armigera et E. oldi, mais aussi, sur gombo, par rapport à l'aleurode Bemisia tabaci.
Les plantes-pièges candidates ont été retenues en fonction de leur intérêt potentiel pour l'agriculteur au-delà de la seule fonction de plante-piège (cultures alimentaires et/ou amélioratrices de la structure ou de la fertilité du sol, ou sources de bois de chauffe).
Les essais sont conduits parallèlement sur la station Icrisat de Sadoré et la station Inran de Birni N'Konni (Fig. 11), et font l'objet de stages de fin d'études d'étudiants de l'Université de Niamey (Faculté d'Agronomie).
Mené en concertation avec les chercheurs de l'Icrisat et de l'AVRDC du Programme de Diversification végétale de l'Icrisat-Niamey, ce programme bénéficie de l'appui d'autres entomologistes de l'UPR Hortsys du Cirad, dans le cadre de l'ATP dirigée Omega3.
Les essais sont conçus comme des essais à long terme et évolutifs. Pour la 1ère année, seule la dimension supra-spécifique de la diversification végétale est considérée. Sa dimension intraspécifique (génétique), en ce qui concerne les plantes-pièges sera explorée au cours des années suivantes.
Des modalités d'assistance des principes "push-pull" (bottom-up et top-down), seront aussi testées à partir de la 2ème année.
Il s'agira par exemple (en fonction des résultats obtenus en 1ère année) d'associer les effets répulsifs liés à l'application de faibles doses d'extraits végétaux (tels que le Neem omniprésent dans toute la zone, dont l'efficacité insecticide ou insectifuge n'est plus à démontrer) sur la culture principale, à des modes de gestion des ravageurs sur les plantes-pièges : élimination mécanique/émondage sélectif sur pois d'Angole, application de fortes doses d'extraits végétaux tels que Pourghère * (Fig.12) sur le pois d'Angole et/ou le sorgho.
*Pourghère = Jatropha curcas, utilisé comme clôture des JPA (Fig. 4), et dont les propriétés insecticides sur plusieurs des ravageurs-cibles ont été démontrées au Cirad et à l'Icrisat
Sur gombo, les premières observations indiquent une incidence importance des ravageurs ciblés à Birni N'Konni, y compris H. armigera sur pois d'Angole (Fig. 13), tandis qu'à Sadoré, c'est la Cétoine (P interrupta), ravageur bien connu du mil et du sorgho (Fig. 14) et des arbres fruitiers (Fig 15) qui a causé les principaux dégâts au gombo (Fig 16) et sera à ce titre plus particulièrement pris en compte dans les expérimentations futures.
A Birni N'Konni, la crotalaire Crotalaria pallida s'est montré très attractive pour la punaise du sorgho (Fig. 17) et aussi favorable à sa prédation par plusieurs ennemis naturels (Fig. 18).
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| Alain Ratnadass, (CIRAD) |
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