Partenariat et Innovations agro-pastorales pour relever la fertilité des sols des zones peuplées de l'ouest du Burkina Faso (Tuy)
Fertipartenaires
Le Projet Fertipartenaires : partage d'innovations agro-pastorales et fertilité des sols
Province du Tuy : villages d'intervention du projet
Problématique de la sécurité alimentaire et de la fertilité des sols
L'économie burkinabé repose sur le secteur rural qui concerne 80% de la population : l'Agriculture et l'Elevage representent 35 et 40% du PIB !
Cependant, les rendements agricoles sont médiocres, suite à des conditions agro écologiques défavorables et des fortes contraintes de production
accès limités aux intrants
accès limités au crédit
mauvaise sécurisation foncière
demande importante de force de travail, etc ...
La croissance démographique, la forte pression agricole et pastorale sur le milieu, la disparition de la jachère ont contribué à la dégradation des ressources naturelles et donc à la diminution des terres cultivables, pâturables et le réchauffement climatique va accentuer ces dégradations ...
Fertipartenaires
Projet financé par la Délégation de la Communauté Européenne de Ouagadougou
Ref FOOD/2007/144-075
Montant : 1 464 931,65 EUR
Partenaires : CIRAD, CIRDES, UPPC/Tuy, INADES
Localisation : Province du Tuy
Durée de l'action : Février 2008 à Janvier 2012
Tuy : situation Agropastorale
Un forte pression anthropique (40 hab/km², 45 UBT/km², 40% emprise agricole sur Koumbia)
Systèmes de culture peu diversifiés fortement orientés sur des cultures exigeantes en éléments minéraux
Techniques culturales conventionnelles, peu mécanisés en dehors du labour à la charrue (semoir est très peu utilisé) et une gestion de la fertilité basée principalement sur l'application de NPK et d'Urée
Une faible valorisation des sous produits de l'agriculture et de l'élevage pour fertiliser les champs (dose de fumure organique généralement inférieure à 500 kg/ha)
Des conflits très fréquents entre les agriculteurs et les éleveurs liés à un déficit de gestion concertée des ressources agro-sylvo-pastorales
La fertilité des sol est mise à rude épreuve : les caractéristiques des sols au Burkina Faso relèvent déja d'une pauvreté naturelle en éléments minéraux de base tels que l'azote, le potassium et le phosphore. La majorité des sols est également caractérisée par une fragilité structurelle et une augmentation de la tendance à de fortes érosions ...
Le problème de l'infertilité et de la dégradation des sols et d'utilisation insuffisante des fertilisants est donc crucial au Burkina Faso. Cette situation a d'ores et déjà un impact négatif significatif sur les rendements des cultures vivrières (céréales notamment) ou de rente (notamment le coton) et la productivité des parcours donc du bétail ...
Cette situation des sols s'explique donc d'une part par des facteurs climatiques et d'autre part par des causes anthropiques
Les causes climatiques :
Rudesse naturelle du climat > des sols naturellement fragiles (Hivernage : ruissellement, érosion ; Saison sèche : ralentissement activité biologique dans les sols)
Réchaufferment climatique : aggravation de la dégradation (réduction de la pluviométrie > perturbation de l'état quantitatif des ressources en eau, en flore et en faune > les sols mis à nu sont alors très sensibles aux effets du vent et de l'eau)
Les causes anthropiques relèvent :
d'une déforestation annuelle importante pour répondre à un besoin croissant en énergie ligneuse
d'une agriculture extensive en réponse à un besoin d'augmentation de la production agricole suite au fort taux de croissance démographique (2,38% par an entre 1975-1996) et de l'abandon de plus en plus important de la pratique de la jachère
d'une forte pression de prélèvement pastoral réduisant les apport de C par la décomposition de la litière ...
les terres d'exploitation agricole ne reçoivent pas suffisamment de compensation pour les éléments nutritifs exportés (agriculture de type « minier »). L'utilisation de la matière organique reste très faible (0,6 à 0,8% pour 60 à 70% des terres cultivées)
Justification de l'activité
Problématique
Dans les systèmes de production coton-céréales-élevage de l'Ouest du Burkina Faso, dont la Province du Tuy, la viabilité économique des unités de production et la satisfaction des besoins alimentaires des familles rurales reposent sur l'agriculture et l'élevage et donc en particulier sur la fertilité des sols (cultivés et pâturés).
Avec l'augmentation de la population, l'extension des cultures et l'augmentation des troupeaux d'herbivores, ils sont fortement sollicités pour produire de la biomasse végétale et leur fertilité est mise à rude épreuve. Ils sont de fait très exposés au risque d'érosions et de dégradation
Face à cette situation problématique que faire ? Une alternative se présente :
Soit l'on subit, on supporte, puis un jour on part ...
Soit on se concerte, on réfléchi ensemble, et on agit pour transformer cette situation, faire évoluer les pratiques, innover ... C'est ce que propose le projet "Fertipartenaires".
Améliorer la sécurité alimentaire dans les exploitations agricoles familiales basées sur les systèmes de production coton céréales-élevage par l'amélioration de la fertilité des sols
Relever la fertilité des sols par :
une utilisation optimale de la fumure organique disponible sur les exploitations
une transformation progressive et radicale des systèmes de cultures
le renforcement des capacités des communautés villageoise dans la gestion des ressources agro-sylvo-pastorales des territoires ...
Objectifs spécifiques
Mettre en place un partenariat entre les acteurs de terrain et les scientifiques pour Co-concevoir des innovations agropastorales contribuant à l'amélioration de la viabilité (SA) et à la durabilité des systèmes de production
Objectif de généricité de la démarche
Face à une situation problématique caractérisée par une surexploitation des espaces agro-sylvo-pastoraux et une baisse de fertilité des sols ...
Que faire ? Travailler ensemble à relever la fertilité des sols ...
Comment faire ? En associant l'agriculture et l'élevage et en préservant les ressources naturelles ... (amélioration de l'utilisation de la fumure organique, transformation progressive et radicale des systèmes de cultures, renforcement des capacités des communautés villageoises dans la gestion des ressources agro-sylvo-pastorales des territoires)
Pourquoi le faire ? Dans le but d'améliorer la sécurité alimentaire et les conditions de vie de nos populations.