







Un Etat ou une entreprise d'un pays développé ou d'un pays en transition (définis comme pays dits de l'annexe 1 par le protocole de Kyoto) investit dans un projet de réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) dans un Pays en développement.
En échange des réductions constatées, un volume équivalent d'Unités de Réductions d'Emissions Certifiées « CER », (Certified Emission Reduction) lui est délivré.
Cet investisseur pourra vendre ces Unités ou "crédits carbone" sur les marchés internationaux de carbone, ou les déduire de ses obligations internationales de réduction.
Le but du MDP est de contribuer au développement durable des pays du Sud, tout en permettant aux pays du Nord de respecter leurs engagements de quotas chiffrés.
Pour le développeur de projet, les bénéfices d'un projet MDP sont d'abord économiques, avec entre autres la vente des crédits carbone qui représentent une source additionnelle de revenus pour le projet.

Jatropha en pépinière, commune de Boni

Canne à sucre, SN Sosuco à Banfora

Bagasse de canne à sucre, SN Sosuco à Banfora

SN-CITEC, chaudière alimentée par des tiges de coton
Le Burkina a ratifié le Protocole de Kyoto le 23 Novembre 2004 après avoir entrepris l'inventaire de ses GES en 2001.
Chaque pays qui souhaite participer au MDP doit installer une Autorité Nationale Désignée (AND), qui a pour mission, entre autres, de faciliter l'accès du pays à ce marché. Le Burkina Faso a mis en place son AND depuis le 08 mai 2006, c'est le Secrétariat Permanent du Conseil National pour le l'Environnement et le Développement Durable (SP/CONEDD), qui occupe ce rôle dans le cadre de la mise en oeuvre du Protocole de Kyoto.
Le Burkina Faso a besoin de développer ses capacités dans le domaine du MDP afin de tirer avantages des financements carbone disponibles au plan international.
A l'instar des autres pays de l'Afrique subsaharienne, le Burkina Faso présente un potentiel intéressant, pour le développement du MDP dans de nombreux domaines, notamment : énergies renouvelables ; efficacité énergétique au niveau de l'éclairage et des industries ; la bioénergie avec cogénération, les biocarburants, la gestion des déchets dans les décharges et le compostage ; l'agriculture et l'élévage (valorisation des déchets d'animaux et des résidus agricoles).
Toutefois, ces secteurs sont restés inexploités à ce jour en raison des coûts de transactions élevés.
L'absence d'information au niveau des développeurs de projets et la difficulté à obtenir des co-financements de la part des institutions bancaires pour entreprendre des projets constituent des barrières communes en Afrique et plus particulièrement au Burkina Faso.
Certains domaines où le Burkina Faso peut offrir de bons projets ne sont pas considérés comme prioritaires par les acheteurs actifs sur le marché carbone aujourd'hui.

Dans un effort commun et à long terme de lutte contre les changements climatiques, la communauté internationale a adopté au cours de la dernière décennie deux accords clés :
Le protocole de Kyoto a fixé des objectifs chiffrés de limitation ou de réduction de gaz à effet de serre (GES) aux pays industrialisés (dits de l'Annexe I). Pour aider ces pays à atteindre leurs objectifs au moindre coût, le Protocole a introduit trois mécanismes de flexibilité :
(voir encart)
Le MDP est le seul mécanisme du Protocole de Kyoto qui touche directement aux relations Nord/Sud.
Les principaux intervenants impliqués dans un projet de type MDP sont les organes de gouvernance du MDP, le gouvernement du pays hôte, les investisseurs privés du Nord et du Sud, le gouvernement du pays de l'investisseur privé, le public et les ONG et enfin les bailleurs de fonds et les organismes de coopération internationale.
Le MDP est donc un mécanisme de marché basé sur la réalisation de projets. Le succès du MDP repose en bonne partie sur la capacité des pays hôtes à attirer l'investissement dans des projets et sur la capacité des promoteurs et des investisseurs à développer, à financer, à mettre en oeuvre et à gérer des projets. La participation active des investisseurs privés et des pays hôtes est primordiale.
L'objectif du MDP est double :
Les secteurs concernés par des projets MDP sont : l'énergie, le traitement des déchets, l'industrie, le secteur résidentiel et tertiaire, les transports, l'agriculture et le secteur forestier.
Les projets peuvent avoir plusieurs objectifs : les économies d'énergie, le changement de combustible, le développement d'énergies renouvelables ou la réalisation de puits carbone.
Le MDP a été conçu pour aider les pays développés à remplir leurs obligations de réduction d'émissions et les pays en développement à atteindre un développement durable.
Dans ce cadre, le MDP procure aux pays développés :
Et aux pays en développement :

Coques d'anacarde, association Wouol à Beregadougou
Le MDP a été créé dans le but de stimuler le développement des pays du Sud grâce au transfert de technologie, aux avantages découlant du développement communautaire, au renforcement de l'investissement du secteur privé et au développement du marché.
L'essentiel des projets MDP a été néanmoins capté par un nombre limité de pays en développement comme la Chine, l'Inde ou le Brésil. Aujourd'hui l`Afrique représente dans son ensemble en nombre de projets MDP enregistrés 2.75% des projets, principalement en Afrique du Sud, en Egypte et au Maroc.
L'Afrique a du mal à attirer les projets du Mécanisme du fait des mêmes difficultés qui découragent les investissements à caractère purement commercial : manque d'infrastructure et de main-d'oeuvre qualifiée, taux de pauvreté élevés, faibles ressources financières, insuffisance des compétences administratives et techniques nécessaires pour satisfaire aux normes du MDP, institutions précaires, corruption et instabilité politique. Toutes ces lacunes concourent à donner à l'Afrique l'image d'un continent où il est difficile de faire des affaires.
Toutefois, le MDP offre d'intéressantes perspectives sur un continent où la croissance démographique, les changements climatiques et le manque de capitaux ont donné lieu à une pénurie chronique d'énergie.
Les pays les moins avancés, dont le Burkina Faso qui n'a encore développé aucun projet, prendront probablement rapidement des dispositions particulières pour changer cette tendance et tirer partie de se mécanisme d'adaptation aux changements climatiques.
Le marché de la compensation volontaire des émissions de CO2 est un marché libre qui n'entre pas dans le cadre du protocole de Kyoto et n'est donc pas standardisé. La compensation volontaire des émissions de carbone permet d'obtenir des crédits de réductions d'émissions vérifiées (Verified Emission Reduction ou VERs en anglais) qui n'ont pas la valeur marchande des réductions d'émissions certifiées car ils ne sont pas échangeables sur les bourses du carbone.
A la différence des marchés de Kyoto ou du marché Européen, les acheteurs des marchés volontaires n'ont pas de contraintes de réduction d'émissions et achètent des crédits essentiellement pour des raisons d'éthique ou d'image de marque. Les marchés volontaires ne sont pas réglementés comme les autres marchés et les règles du jeu peuvent être très diverses.
Ce mécanisme est donc une adaptation simplifiée, et sur une base volontaire, des mécanismes de flexibilité prévus par le Protocole de Kyoto, comme le mécanisme de développement propre (MDP).Le marché de la compensation carbone volontaire peut utiliser la même méthodologie/procédure qu'un MDP sans nécessairement s'enregistrer au MDP mais doit en revanche nécessairement passer par la phase de validation et de certification par un tiers indépendant afin que les projets puissent générer des crédits carbone sur le marché de la compensation volontaire.
Les projets volontaires non soumis au cadre méthodologique de Kyoto, sont souvent plus petits et à forte dominante sociale. Ils concernent le plus souvent le secteur forestier et le secteur des énergies renouvelables. Ces projets peuvent s'appuyer sur des labels (Gold Standard, Voluntary Carbon Standard ... ) pour assurer leur transparence et leur intégrité environnementale.
Beaucoup de projets africains notamment dans les domaines de l'Agriculture, la Foresterie et autres Affectations des Terres, l'Energie et la Bioénergie sont plus adaptés aux marchés volontaires. En effet, les projets de petite taille, à faible réduction de gaz à effet de serre et ayant une composant sociale forte trouvent dans le marché de la compensation volontaire un marché souvent plus adapté.
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| Marché Kyoto | Marché volontaire | |
|---|---|---|
| Taille du marché global (Millions de T/CO2éq) en 2006 | 466 | 13 |
| Taille moyenne des projets (t/CO2éq/an) | 50 000 | 5 000 |
| Part des projets africains dans le monde | 2,70% | 6% |
| Prix moyen d'échange des crédits carbone | 10 | 15,3 |
| (pour le consommateur final) | (de 7 à 15 euros en fonction du risque associé) | (grande variabilité des prix, entre 0,1 et 52 euros /téquCo2) |
| Elodie Hanff (2IE / Cirad Burkina Faso) Nathalie Weisman (2IE / Cirad Burkina Faso) | ||
| Adresse | : | 2IE Rue de la Science - 01 BP 594 Ouagadougou - Burkina Faso |
| Téléphone | : | +226 50 49 28 67 poste 1467 |
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