Centre de cooperation international en recherche agronomique pour le developpement
 
logo CIRAD
Afrique de l'Ouest continentale
ben

 

Risques sanitaires maladies émergentes

Evolutions démographiques et changements climatiques : impacts sur les maladies à transmission vectorielle en Afrique de l'Ouest.

Conférence internationale
Cotonou - Bénin - 24 - 27.11.2008

 

Première annonce


Contexte

Les changements démographiques et climatiques auront dans les années à venir un impact majeur sur l'environnement et le développement durable, en particulier sur la répartition géographique et les densités des vecteurs, donc sur les maladies qu'ils transmettent.

Evolutions demographiques

L'Afrique sub-saharienne en particulier , effectue en ce moment son "rattrapage démographique" : de 1950 à 2000, la population en Afrique de l'Ouest (du Sénégal au Nigéria) est passée de 64 à 240 millions d'habitants et les démographes estiment que cette population atteindra 617 millions d'habitants en 2050 (Guengant, 2007). Cette évolution des densités humaines aura des conséquences sur l'environnement, notamment sur les biotopes des vecteurs et sur les relations qu'ils entretiennent avec les hôtes humains et/ou animaux, d'autant qu'en Afrique, l'activité économique repose principalement sur l'agriculture, grande consommatrice d'espaces.

Cette augmentation des densités humaines s'est accompagnée et s'accompagnera, dans un contexte de faible évolution des moyens de production, d'une augmentation des surfaces cultivées au détriment de la végétation naturelle, des espaces protégés. Ainsi à l'échelle d'un pays, la population du Burkina Faso qui était estimée au début du XXe siècle à 3 millions d'habitants, atteint aujourd'hui les 14 millions. La densité moyenne de la population (avec de profondes disparités à l'intérieur du pays) est donc passée de 10 à 51 habitants au km2, soit une augmentation de 41 habitants au km2. Cette augmentation des densités s'effectue non seulement par le jeu de l'accroissement naturel, mais aussi par celui des mouvements de population, par exemple les déplacements et migrations voltaïques du Burkina Faso vers la Côte d'Ivoire et les récents déplacements massifs dus à la crise ivoirienne.

Changements climatiques

Le climat a certes ses variations naturelles, mais aujourd'hui, il y a l'unanimité sur une des causes des bouleversements observés à l'échelle planétaire, à savoir l'accroissement des concentrations dans l'atmosphère des rejets anthropiques de gaz à effet de serre (Kindo, 2007). Leurs manifestations se traduisent par des impacts touchant les ressources naturelles et l'ensemble des secteurs de la vie, notamment la sécurité alimentaire, la santé humaine et animale, l'activité économique et les ressources hydriques (GIEC, 2001). En Afrique, les manifestations les plus visibles se rapportent à la sécheresse qui, combinée à l'accroissement démographique, accélère le déboisement et met en péril les forêts tropicales et les ressources naturelles. La forte dépendance aux ressources naturelles et la précarité des conditions de vie de la majorité de la population sans cesse croissante font de l'Afrique une des régions du monde la plus vulnérable. Les scénarios d'évolution climatique divergent encore. Il est admis que les précipitations devraient diminuer dans les régions subtropicales (Jousseaume, 2008), et le réchauffement en Afrique entre 1970 et 2004 a été de +0.2 à +1°C, dans certaines régions +1°C à +2°C (Sahel, Afrique australe).

Toutes les régions définies par le GIEC montrent un bilan globalement négatif quant à l'impact des changements climatiques sur les ressources en eau et sur les écosystèmes dulcicoles. Même un léger réchauffement aboutit à une baisse de rendement (des principales cultures céréalières, avec et sans adaptation) dans les régions sèches situées sous les tropiques. Les petits paysans et les fermiers pratiquant une agriculture de subsistance, les populations pastorales et les pêcheurs artisanaux souffriront probablement d'impacts complexes et localisés du changement climatique (Parry et al., 2007). Ces perturbations climatiques remettront en cause les modes et les choix de vie, parfois ancestraux, des populations et seront le moteur d'importants mouvements de populations (migrations et déplacements) nationales et internationales.

Quels impacts sur les maladies transmises par les vecteurs ?

De tels effets combinés contribuent naturellement à l'accentuation du phénomène de la pauvreté compromettant ainsi l'atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD), en particulier, ceux relatifs à l'élimination de l'extrême pauvreté, la faim, et la garantie d'un environnement durable. Les tendances projetées dans l'exposition à des facteurs importants pour la santé humaine et animale auront des conséquences importantes mais souvent difficiles à évaluer, notamment les modifications de la distribution spatiale de certains vecteurs de maladies infectieuses (Reiter, 2007). "Le débat sur l'effet du changement climatique sur la malaria se poursuit et il s'agit d'un domaine pour lequel il est nécessaire que des recherches complémentaires soient effectuées" (Parry et al., 2007). On estime que vers 2085, le risque de dengue issu du changement climatique augmentera et touchera 3,5 milliards de personnes. Au Sénégal, la borréliose ou fièvre récurrente à tique (Ornithodoros sp.) s'est propagée vers le sud du pays sous l'effet de la sécheresse qui permet à ce vecteur de coloniser de nouvelles zones de savane. D'un autre côté, les vallées autrefois dépeuplées (Voltas, Comoé) du fait du «couple épidémiologique» onchocercose-trypanosomiase ne le sont plus aujourd'hui. Une des conséquences de l'augmentation des densités humaines au Burkina Faso, est d'ores et déjà la disparition progressive des glossines du groupe morsitans vecteurs des Trypanosomoses Animales, du fait de la dégradation de l'environnement et de la disparition de la faune sauvage. Quelle sera l'évolution des pathologies humaines et animales au vu des changements majeurs qui prennent place depuis quelques années et dont on commence tout juste à prendre conscience ?

Objectifs

D'une façon globale, l'atelier vise à rassembler les climatologues, démographes, entomologistes, géographes, médecins et vétérinaires, agro-pastoralistes, sociologues, botanistes, économistes, afin de faire l'état des lieux des informations disponibles sur les scénarios possibles d'évolution de la distribution des vecteurs et des maladies qu'ils transmettent (santé humaine et animale) au vu du changement global, en priorité en Afrique de l'Ouest. Un point important de ce séminaire sera l'excellence scientifique des présentations.

De façon spécifique, il s'agit de :

Programme prévisionnel

Travaux de groupe

Profil des participants


Des participants ayant présenté des communications sélectionnées par le comité scientifique pourront bénéficier d'une prise en charge dans la limite des possibilités financières

Communications


Les communications orales et posters seront sélectionnés par le Comité scientifique

<

Soumission de communication

Langues de la conférence

Français et anglais avec traduction simultanée

Organisation

Organisateur : CIRDES
Site web : http://www.cirdes.org/democlimatsante/
Co-organisateurs : IRD/CIRAD/OOAS/ EDEN/ RIPIECSA/CORUS/UA-IBAR/MAE-France/Centre Muraz/Université Abomey Calavi
Avec le soutien de la Société Française de Parasitologie

 Pr A. Gouro ( Directeur général du CIRDES)

Adresse    : CIRAD/CIRDES
01 BP 454
Bobo dioulasso - Burkina Faso

Téléphone : + (226) 20 97 20 53
Télécopie  : + (226) 20 97 23 20
Courriel    : gouro@fasonet.bf
 

 


Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
© 2009 Cirad | Tous droits réservés | RSS | Informations légales