







Soutenance de thèse
Clarisse Barro-Kondombo





Jacques Chantereau
Une retraite active au service de la genetique du Sorgho

Descendances S3 sélectionnées par les paysans
Cinquième céréale mondiale après le blé, le riz, le maïs et l'orge, le sorgho (Sorghum bicolor [L.] Moench) est la première culture céréalière au Burkina Faso. Bélem et al., (2001) ont conduit une investigation sur la diversité des variétés locales de sorghos de trois régions agricoles (Centre-nord, Boucle du Mouhoun et Centre-ouest) du Burkina Faso situées dans trois zones agro-climatiques. Ils ont montré qu'il y avait une érosion variétale du fait de facteurs climatiques (inadéquation entre cycles variétaux et durée de la saison des pluies), et de facteurs économiques, particulièrement dans les zones cotonnières où le sorgho est concurrencé par le maïs.

Soutenance de thèse à Ouagadougou


Le Pr Zongo
et le Dr J. Chantereau
Le but de cette étude est de décrire et analyser les diversités agro-morphologique et génétique des variétés locales de sorghos, collectées en 2003 et 2004 dans les trois régions agricoles, identifier les forces majeures qui influencent leur évolution, et proposer des méthodes de gestions et de valorisation de cette diversité.
L'investigation a été conduite à deux niveaux :
La caractérisation inter-variétale a été conduite avec 124 variétés locales de dix villages à l'aide de vingt huit caractères agro-morphologiques et 29 marqueurs microsatellites.
Deux principales races botaniques ont été identifiées :
Dans cet échantillon, 74,2 % des variétés sont à grain blanc, 13,7 % sont à grain orangé et 12,1 % sont à grain rouge.



Panicules de 15 variétés locales collectées dans un village du Centre-Nord


Recombinaison et Amélioration d'une population à la station (INERA/CRREA du Centre, Saria)
La diversité agro-morphologique est importante. Elle suit un gradient Nord-Sud, et est en moyenne plus précoce au Nord (75,3 jours, semis-épiaison) qu'au Sud (85,4 jours, semis-épiaison). La plus grande part de cette diversité est expliquée par le facteur variété, significatif pour tous les caractères en particulier pour le cycle (R² = 0,84) et le poids moyen de 1000 grains (R² = 0,79). Les facteurs "village et zone agro-écologique" ont une faible influence sur la variabilité des caractères agro-morphologique, sauf pour le cycle.
La diversité agro-morphologique est structurée en cinq groupes, dont un groupe de sorgho rouge de cycle précoce (73,8 jours, semis-épiaison). Ces groupes ont été discriminés sur les critères de vitrosité, de longueur de cycle, de longueur de panicule et de poids moyen de 1000 grains. Le taux de polymorphisme génétique est de 79,3 %. La diversité allélique est de 4,9 allèles par locus, et l'indice de diversité génétique est de 0,37. La diversité génétique à l'instar de la diversité agro-morphologique est aléatoirement répartie et ne respecte aucun critère. Les guinea margaritiferum apparaissent génétiquement distincts des guinea gambicum. Les variétés à grain rouge constituent un groupe génétiquement homogène. La différenciation génétique est faible entre les villages ( ) et entre les zones agro-écologiques ( ). C'est plutôt la couleur de grain qui apparaît comme le principal facteur de structuration ( ).
La caractérisation intra-variétale a été réalisée avec dix variétés à grain blanc de la race guinea gambicum, choisies parmi les 124 variétés de la caractérisation inter-variétale. Ces variétés présentent des cycles différents. Elles sont soumises à des modes de gestions différentes dans les espaces agraires.
Onze caractères agro-morphologiques et douze marqueurs microsatellites ont servi à décrire ces variétés, à raison de 25 plantes par variété. Toutes les variétés présentent de la diversité intra-variétale qui diffère de manière plus ou moins importante entre les variétés. Les plus faibles variances agro-morphologiques ont été observées au sein des variétés de cycle précoce, et les plus fortes variances au sein des variétés de cycle tardif. Les variétés de cycle précoce sont nettement discriminées des variétés de cycles tardif et intermédiaire sur les critères de durée de cycle, de longueur de panicule, de productivité et de poids moyen de 1000 grains. Le taux de polymorphisme génétique est de 100 %. La diversité allélique est de 5,7 allèles par locus, avec un indice de diversité génétique qui est de 0,53. Les plus fortes valeurs de polymorphisme tout comme celles de diversité génétique sont observées au sein des variétés de cycle tardif. La différenciation génétique est forte entre les variétés.Génétiquement les variétés précoces constituent un groupe à part, bien différencié des variétés de cycles intermédiaire et tardif, entre les quelles la différenciation est faible. Le taux d'allogamie moyen est de 22 %. Cette étude a montré que la diversité agro-morphologique et génétique est toujours importante au Burkina Faso, mais influencée par les facteurs évolutifs.
En termes de conservation, les sorghos à grain rouge, les Guinea margaritiferum, les variétés de cycle tardif, devraient être le centre des efforts de conservation. Les programmes d'amélioration variétale au Burkina devraient orienter leurs travaux de sélection vers l'obtention de variétés plus productives, intégrant les caractéristiques essentielles d'adaptation et de qualité de grain du germoplasme locale.
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