Centre de cooperation international en recherche agronomique pour le developpement
 
logo CIRAD
Afrique de l'Ouest continentale
benbfacivghamlinertgo

 

<em>Bactrocera invadens</em><br /> (Drew et al)

Bactrocera invadens
(Drew et al)

Intensification écologique

Projet Régional de Lutte Contre les Mouches des Fruits en Afrique de l'Ouest

Pour l'amélioration des moyens d'existence des populations

 

Les mouches des fruits du manguier : le projet


 

Thèmes associés

 

Généralités et justification

Les mangues sont une des spéculations fruitières les plus importantes en Afrique de l'ouest au niveau du marché local, régional et international. De par leur haute valeur ajoutée, les mangues induisent une augmentation substantielle des revenus des différents intervenants tout le long de la filière et en particulier en amont, pour les petits planteurs. Leur importance économique et leur contribution potentielle à la réduction de la pauvreté dans les pays du Sud sont ainsi incontournables. De plus, la valeur nutritionnelle de ce fruit, largement reconnue, permet de fonder sur lui de grands espoirs pour réduire la carence en vitamines des populations vivant au Sud du Sahara (IFPRI, 2002) et leur malnutrition plus généralement.

Par ailleurs la demande de fruits tropicaux de qualité ne cesse de croître dans l'hémisphère Nord et tout spécialement en Europe. Les importations de mangue ont atteint un peu plus de 174 000 tonnes en 2003 en Europe, quadruplant ainsi en tout juste 10 ans (Gerbaud, 2004). Le pourcentage de la mangue ouest africaine reste très faible dans ces statistiques puisqu'il ne représente que 7% du total importé. Et quand on connaît l'importance des productions ouest africaines de mangues, plus de 100 000 t / an au Mali par exemple, on ne peut que rester perplexe devant le 1 % exporté annuellement en moyenne par ce pays (947 t en 2003). Ce constat reste identique vis-à-vis d'autres pays ouest africains.

L'horticulture était et reste un des secteurs agricoles les plus dynamiques en Afrique de l'ouest par la marge bénéficiaire produite d'une part et par ses capacités d'emploi d'autre part. Avec la première place, en devançant les agrumes, l'importance des manguiers, au niveau des productions fruitières ouest africaines, est primordiale avec plus d'1 Million de tonnes produites chaque année en 2002 (FAO, 2003). Les quantités de mangues exportées d'Afrique chaque année représenteraient environ 35 000 à 40 000 tonnes correspondant à un peu plus de 42 Millions de US $ (FAO, 2001).

Dégats sur mangues

Dégats sur mangues

Mais le manguier a de nombreux problèmes phytosanitaires que ce soit d'ordre physiologique, phytopathologique ou entomologique. Le plus important au niveau entomologique reste celui causé par les mouches des fruits d'abord par l'importance des dégâts de ce ravageur primaire en milieu de campagne mais aussi par l'introduction de ravageurs secondaires (et pathogènes) dans le fruit lors des piqûres de ponte des femelles. De plus ces insectes sont des ravageurs de quarantaine qui pénalisent lourdement les exportations ouest africaines puisqu'une seule larve découverte dans un fruit provoquera la destruction totale de la palette par incinération. Durant la campagne 2001, les incinérations de mangues à cause des infestations de mouches des fruits avaient été estimées à 300 palettes pour la totalité des origines ouest africaines (RCI, Mali, Sénégal, Burkina Faso, Guinée) ce qui représenterait environ 250 tonnes. En 2004 le Burkina, le Togo, la Guinée, la RCI, le Mali et le Sénégal ont été pénalisés. Les pertes enregistrées se sont malheureusement comptées par dizaines de tonnes de fruits frais détruits aux dépens des exportateurs, et ce pour chacun des pays sus mentionnés.

Les mouches des fruits (Diptera Tephritidae) constituent l'un des groupes de ravageurs qui occasionnent les dégâts les plus importants sur cultures fruitières en zone tropicale (White & Elson-Harris, 1992). Ces diptères du genre Ceratitis, et en particulier les espèces qui infestent les mangues, sont communs à l'ensemble des pays d'Afrique de l'ouest d'après nos premières observations (Vayssières & Kalabane, 2000 ; Vayssières & al, 2004). Les pertes sont inégales et varient en fonction des zones agro-écologiques, des variétés de mangues, des périodes de l'année, et des systèmes de production enquêtés. D'après nos observations elles peuvent aller de 10% en début de campagne à 80% en fin de campagne. Elles sont donc généralement élevées car elles peuvent dépasser 40% en milieu de campagne pour les principales variétés d'intérêt commercial telles qu'Irwin, Amélie, Eldon, Kent, Smith, Keitt, et plus de 50 % pour d'autres variétés plus tardives (Brooks, etc) en Guinée et au Mali (Vayssières, 1995 ; Vayssières & Kalabane, 2000 ; Vayssières & al, 2004). Sachant que nous avons globalement 6 espèces de Tephritidae communes aux pays ouest-africains il nous semble particulièrement opportun d'envisager ce projet sous un angle régional intégrant ainsi l'ensemble des pays de la région.

 

Ponte d'une femelle de  <em>B. invadens</em>

Ponte d'une femelle de B. invadens

<em>B. invadens</em> sur mandarine

B. invadens sur mandarine

Par ailleurs, et c'est un élément tout à fait nouveau qui ira renforcer l'intérêt de ce projet, une nouvelle espèce de Bactrocera a été tout récemment découverte sur la côte béninoise (Goergen, com. pers.). C'est également un Tephritidae qui serait sans doute identique à l'espèce de Bactrocera qui a été dernièrement signalée sur manguier au Kénya par l'ICIPE (Lux, 2003) et qui serait probablement une espèce nouvelle. On aurait donc de bonnes raisons de penser que ce ravageur, particulièrement dommageable pour la mangue et de nombreuses spéculations fruitières, existerait au moins dans toute la partie méridionale du Bénin. D'après l'importance des dégâts que B. dorsalis, une espèce très voisine, occasionne sur la mangue en Asie du sud-est (White & Elson-Harris, 1992 ; Tan, 1998) et au Kénya depuis quelques années (Lux, 2003) où il a même tendance à supplanter certaines autres espèces (Ceratitis cosyra par exemple), on est en droit d'agir le plus rapidement possible pour connaître la distribution géographique de cette espèce dans un premier temps (du Ghana au Cameroun) ainsi que l'importance de ses dégâts au niveau régional afin de préconiser le plus rapidement possible des modalités de lutte.

Nous aurions donc actuellement deux genres de Tephritidae (le genre Ceratitis avec six espèces et le genre Bactrocera avec une espèce) responsables des dégâts sur mangues en Afrique de l'ouest !

Que faire pour tenter de maîtriser ce problème crucial ?

On propose de mettre au point et d'utiliser les meilleurs outils disponibles en I.P.M., de tester de nouvelles méthodes de lutte et d'optimiser les opportunités offertes en lutte biologique afin de diminuer de façon significative les dégâts dus aux Tephritidae et permettre ainsi une augmentation de la qualité des mangues comme un accroissement des rendements. Cela aura un impact positif tant sur le volet de la sécurité alimentaire que sur la réduction de la pauvreté et sur l'utilisation pérenne des ressources naturelles.

En conclusion nous pouvons prévoir que l'amélioration qualitative de la mangue, de par sa haute valeur ajoutée, provoquera une augmentation du disponible sur le marché et par conséquent induirait une nette augmentation des revenus, spécialement pour les petits planteurs, permettant ainsi à ces derniers un accès plus aisé aux services sociaux (santé, éducation, etc) comme à l'amélioration de leur habitat.

De plus une réduction importante de l'utilisation des pesticides ajoutée à la conservation de la biodiversité par la valorisation des agents de contrôle naturel devrait avoir également un impact positif sur la santé humaine, la protection de l'environnement et ainsi contribuer à une utilisation optimale des ressources naturelles renouvelables. La réduction de l'utilisation des pesticides contribuerait aussi à une diminution du coût de production et par conséquent augmenterait la marge bénéficiaire.

L'objectif direct est l'amélioration de la qualité de la mangue tant sur le plan nutritionnel que commercial pour des marchés nationaux, régionaux et internationaux. L'objectif indirect qui en découlera automatiquement est l'amélioration des conditions de vie du petit planteur africain et des différents intervenants tout au long de la filière mangue de l'amont vers l'aval.

Les techniques de protection mises en oeuvre contre les Tephritidae au niveau du manguier seront également profitables aux autres spéculations fruitières, hôtes des mouches des fruits (goyave, pommes de java, pommes cannelle, prunes de Cythère, annones, etc.). L'on pourra attendre de ce projet une augmentation sensible de la production fruitière ouest africaine, tant qualitative que quantitative.

 

Objectifs

L'objectif de ce projet vise à appuyer et à renforcer globalement les capacités propres à chacun des pays participants (Bénin, Ghana, Cameroun ... ) en matière de lutte contre les mouches des fruits du manguier.

Plus spécifiquement, le projet vise à :

 

Résultats attendus

Ces objectifs seront atteints grâce aux résultats suivants :

 

Programme de travail

La coordination de ce projet serait effective depuis l'IITA de Cotonou où la plupart des structures sont déjà disponibles (bureaux, laboratoires, serres etc). L'expérience de l'IITA - BENIN dans le domaine de la lutte intégrée et de la lutte biologique permettra de gagner un temps précieux.

Les méthodes de travail seront identiques pour les 3 premiers pays où nous mettrons au point, dans une première phase, les méthodes de lutte les plus efficientes et les plus pertinentes contre les Tephritidae. Néanmoins, nous recevrons au Bénin les souches d'espèces de parasitoides à tester, à lâcher et à acclimater et c'est au Bénin que se tiendront l'atelier sous-régional sur les mouches des fruits et la réunion finale (fin de phase 1).

Principales composantes du programme

 

Principales activités du projet

Fiches techniques

fiches actuellement consultables en ligne

 

fiches actuellement disponibles en téléchargement / download

1- Les mouches des fruits du genre Ceratitis [Diptera: Tephritidae] en Afrique de l'Ouest(220 Ko)).
1- Fruit flies of the Ceratitis genus in West Africa(220 Ko)).

2 - La nouvelle espèce invasive de mouche des fruits : Bactrocera invadens Drew Tsuruta & White(255 Ko)).
2 - The new invasive fruit fly species, Bactrocera invadens Drew Tsuruta & White(255 Ko)).

3 - Piégeage de détection des mouches des fruits(147 Ko)).
3 - Fruit fly detection trapping in orchards(147 Ko)).

4 - Utilisation du "Success Appat" (GF-120 Fruit Fly Bait ) contre les mouches des fruits(220 Ko)).
4 - Use of GF-120 [Success Appat] in fruit fly control(220 Ko)).

5 - Utilisation des fourmis tisserandes (Hymenoptera Formicidae) dans la lutte contre les mouches des fruits (Diptera Tephritidae).(213 Ko)).
5 - The use of weaver ants in fruit fly pest control(213 Ko)).

6 - Principales méthodes de lutte intégrée contre les mouches des fruits en Afrique de l\'Ouest.(233 Ko)).
6 - Principal methods for integrated control of fruit flies in West Africa(167 Ko)).

7 - Evaluation des dégâts causés par les mouches des fruits sur le manguier et calcul du seuil économique de nuisibilité au Bénin(150 Ko)).
7 - Assessment of damage caused to mangoes by fruit flies and calculation of the Economic Injury Level in Benin(167 Ko)).

8 - Gamme de plantes-hôtes cultivées et sauvages pour les principales espèces de mouches des fruits au Bénin.(250 Ko)).
8 - Range of cultivated and wild host plants of the main mango fruit fly species in Benin(317 Ko)).

9 - Principaux cultivars du manguier (Mangifera indica) au Bénin et leur importance socio-économique.(545 Ko)).
9 - The mango (Mangifera indica) tree in Benin: main cultivars and socio-economic importance.(546 Ko)).

10 - La lutte contre les mouches des fruits à travers l'hygiène phytosanitaire du verger: lutte prophylactique.(274 Ko)).
10 - Control of fruit flies through phytosanitary hygiene of orchards: prophylactic method(273 Ko)).

 Jean-François Vayssieres
(Entomologiste IITA-CIRAD))

Adresse    : Station IITA
08 BP 0932
Cotonou - Bénin,

Téléphone : + (229) 21 35 01 88
Télécopie  : + (229) 21 35 05 56
Courriel    : jean-francois.vayssieres@cirad.fr
 

 


Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
© 2009 Cirad | Tous droits réservés | RSS | Informations légales