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Gestion durable des espaces ruraux

Les girafes blanches du Niger - le vécu des agriculteurs

 

Dossier : "Parc régional du W - Ecopas"


 

girafe

Problématique

La population de girafes (Giraffa camelopardalis ) du Niger est la dernière représentante de la sous espèce peralta qui occupait toute l'Afrique de l'Ouest au début du XXème siècle.

Totalisant 144 individus (Suraud & Dovi, 2006) cette population est en augmentation depuis leur protection dans les années 70 et sa valorisation locale par le tourisme.

Elle n'a plus de prédateur en dehors de l'homme avec qui elle partage un même territoire composé d'une mosaïque de champs, de pâturages et de savane arborée.

Cette étroite cohabitation entre l'homme et la girafe est unique au monde.

Si par le passé cela ne semblait pas poser de problème (Ciofolo, 1995), avec le temps ces relations se sont détériorées (Luxereau, 2004 ; Laboureau, 1997 ; Birck, 2001). Des cas de girafes s'attaquant aux cultures ont été signalés.

Quelle est l'ampleur et la gravité de ces dégâts?

Quels impacts sur l'attitude et les stratégies des habitants?

 

1. Les girafes se déplacent en fonction des saisons à la recherche d'eau et des meilleurs fourrages<br />(A) du Fakara au Dallol à la fin des pluies,<br />(B) du Dallol au Fakara à la reprise des pluies .

1. Les girafes se déplacent en fonction des saisons à la recherche d'eau et des meilleurs fourrages
(A) du Fakara au Dallol à la fin des pluies,
(B) du Dallol au Fakara à la reprise des pluies .

2. La zone Girafe inclut deux secteurs :<br />(A) Le Fakara: plateaux latéritiques secs, brousse tigrée parfois très dégradée, cultures pluviales et élevage<br />(B) Le Dallol Bosso: dépression sablonneuse densément peuplée, mares permanentes avec cultures de contre saison et vergers.

2. La zone Girafe inclut deux secteurs :
(A) Le Fakara: plateaux latéritiques secs, brousse tigrée parfois très dégradée, cultures pluviales et élevage
(B) Le Dallol Bosso: dépression sablonneuse densément peuplée, mares permanentes avec cultures de contre saison et vergers.

 

Une étude "à dire d'acteurs"

Enquêtes réalisées en avril 2007 auprès de 227 personnes, paysans et chefs de famille, réparties dans les 34 villages de la zone.

Répartition du type de dégat

Quels dégâts ?

 

T1. La perception de la girafe par les agriculteurs
Globalement la girafe est elle ...un - un +
 
% de réponse positive8713
 
% de personnes ayant du petit bétail60**87
 
% de personnes ayant subi des dégâts sur Niébé en champs3660
 
% de personnes ayant subi des dégâts sur greniers ou sur manguiers8377
 


T2. Réponses des personnes enquêtées à la question : "D'après vous, quelle est la cause principale des dégâts causés par les girafes ?"
Facteurs de risques évoqués% de réponses
 
Les girafes n'ont plus peur de l'homme26
 
Les girafes ont faim15
 
Les récoltes sont attractives et accessibles15
 
Les cultures sont mal protégées12
 
La population de girafes s'accroît11
 
La girafe n'est pas surveillée7
 
Les girafes cherchent les mares (Dallol)7
 
La girafe est protégée5
 
Le déboisement prive la girafe de nourriture2
 

Quelles attitudes vis-à-vis des dégâts ?

Conclusion

Les conflits avec la girafe sont de plus en plus importants et d'autant moins tolérables dans un contexte d'insécurité alimentaire et de répartition peu équitable des revenus du tourisme lié à la girafe.

La perception des problèmes est partagée mais la pression que la girafe exerce sur les cultures n'a pas encore engendré d'actions de protection ou de lutte au quotidien.

Les solutions de protection des cultures à court terme existent, mais le problème à long terme persiste : jusqu'à quel point la densité de girafes pourra-t-elle s'accroître dans un espace de plus en plus colonisé par l'homme?

Collaboration

 

greniers villageois

greniers villageois

La girafe n'a plus peur de l'homme

La girafe n'a plus peur de l'homme

 

Thèmes associés

 

Publication

ce travail a fait l'objet d'une publication dans la revue "Biodiversity and Conservation" :

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Marie-Noël de Visscher (Cirad)
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