L'objectif de ce projet vise à appuyer et à renforcer globalement les capacités propres à chacun des pays participants (Bénin, Ghana, Cameroun ... ) en matière de lutte contre les mouches des fruits du manguier.
Plus spécifiquement :
Appuyer les actions de lutte contre les mouches de fruits du manguier et renforcer les capacités des techniciens, planteurs et autres agents de terrain.
Créer un réseau et développer un partenariat (phase 1) entre un petit nombre de pays ouest africains afin :
d'expérimenter, mettre au point et valider des méthodes de lutte IPM (et lutte biologique) contre les Tephritidae,
d'intégrer une étude socio-économique à cette problématique,
de collecter et faire circuler les informations à travers le réseau,
d'initier des actions participatives, complémentaires et synergiques entre planteurs, chercheurs, développeurs, vulgarisateurs, agents des ONG et autres intervenants de la filière.
Former des étudiants béninois en troisième cycle.
Formuler, à partir de cette phase initiale, un projet à plus long terme intégrant l'ensemble des pays ouest africains.
La coordination de ce projet serait effective depuis l'IITA de Cotonou où la plupart des structures sont déjà disponibles (bureaux, laboratoires, serres etc). L'expérience de l'IITA - BENIN dans le domaine de la lutte intégrée et de la lutte biologique permettra de gagner un temps précieux.
Les méthodes de travail seront identiques pour les 3 premiers pays où nous mettrons au point, dans une première phase, les méthodes de lutte les plus efficientes et les plus pertinentes contre les Tephritidae. Néanmoins, nous recevrons au Bénin les souches d'espèces de parasitoides à tester, à lâcher et à acclimater et c'est au Bénin que se tiendront l'atelier sous-régional sur les mouches des fruits et la réunion finale (fin de phase 1).
Principales composantes du programme
La récolte régulière et le suivi de fruits cultivés infestés (Mangifera indica, Psidium guajava ... ) dans les principales zones agro-écologiques de chaque pays concerné afin de pouvoir disposer d'une répartition biogéographique des espèces d'intérêt économique (output a).
La récolte régulière et le suivi de fruits sauvages infestés (Annona senegalensis, Strychnos sp, Nauclea sp, Saba sp ... ) afin d'avoir la liste la plus complète possible des plantes-hôtes sauvages avec leur importance spatio-temporelle par rapport aux espèces cultivées (output a).
Le suivi des populations d'espèces de Tephritidae dans différentes zones de production de mangues (pour les 4 pays concernés), et ce durant trois ans, afin de pouvoir prévoir et préconiser les meilleures périodes d'intervention tout en réduisant ces actions de lutte au strict minimum (output b).
L'évaluation des pertes de fruits grâce à une enquête économique, permettant de chiffrer l'importance des dégâts dus aux Tephritidae sur différentes variétés de mangues mais aussi sur différentes spéculations fruitières susceptibles d'héberger des mouches (output c).
A partir du résultat des études économiques (c) on mettra en valeur des différences de sensibilité des différents cultivars les uns par rapport aux autres et également par rapport aux fruits des « variétés locales » non greffées (output d). Des corrélations seront éventuellement faites en fonction du contexte agronomique.
Une systématique plus fine avec des marqueurs moléculaires pour les espèces à forte incidence sur la production et ce en collaboration avec des laboratoires européens (Belgique, Italie) (output e) et avec des partenaires africains (Kenya, Afrique du Sud) et ou asiatiques (Malaisie).
Des études en laboratoire permettant de définir les principales caractéristiques bio écologiques pour les espèces de Tephritidae d'intérêt économique. Ces données sont nécessaires afin d'améliorer la détection des mouches (par piégeage) d'une part ainsi que la lutte contre ces dernières (IPM et LB) d'autre part (output f).
Des tests comparatifs de différents types de pièges comme différents types d'attractifs. Ces comparaisons permettront de proposer la meilleure « combinaison piège-attractif » en fonction de l'espèce-cible de Tephritidae. On attend également une amélioration significative du pourcentage de piégeage des femelles (output g).
Des essais de lutte intégrée (IPM) en commençant par des traitements par taches classiques, et en testant les bait stations, le Success Appat, les « 3 composants ». Ces expérimentations permettront de maintenir les populations de Tephritidae à des niveaux les plus bas possible (output h).
En fonction de l'inventaire des espèces de parasitoides autochtones et de leur taux de parasitisme on procédera à l'introduction, aux tests de spécificité (en quarantaine), aux lâchers et à l'évaluation de son acclimatation d'une espèce de parasitoide en adéquation avec la problématique locale et ce en collaboration avec des laboratoires de l'USDA (output i).
Une étude socio-économique sur l'utilisation des meilleures techniques de lutte sera entreprise en fin de projet au niveau de différentes zones agro écologiques, en fonction de différents systèmes de production. L'impact de ces innovations techniques sera évalué au niveau de chacun des intervenants de la filière et en particulier au niveau des petits planteurs pour démontrer l'augmentation de revenus générés (output j).
La formation d'un Doctorant et de trois DEA d'étudiants béninois sera assurée durant le projet pendant que les chercheurs nationaux des centres de recherche, les agents de développement et le personnel des ONG seront également les vecteurs des messages et les utilisateurs des techniques proposées (output k). Les socio économistes seront familiarisés avec la nouvelle approche de diffusion participative et de l'évaluation de l'impact des techniques de lutte intégrée sur les conditions de vie en milieu rural.
A la sélection de vergers de manguiers, Vergers Etudes Pilotes (VEP), suffisamment grands et représentatifs à la fois d'une zone agro écologique et d'un système de production, VEP où se dérouleront les Observations, Tests et Expérimentations (OTE).
A la tenue d'un atelier sous-régional à Cotonou (IITA) de 4 jours sur les mouches des fruits (notions de systématique, de bio-écologie, de comportement, et aperçu sur les principales méthodes de lutte). Seront présents trois spécialistes de chaque pays impliqué, les facilitateurs de l'IITA. Chaque pays participant définira ses VEP et les périodes durant lesquelles se dérouleront les OTE
Au déroulement des différentes activités entomologiques mais aussi socio-économiques au niveau des VEP et de leur environnement immédiat.
A l'encadrement d'étudiants au niveau DEA et ensuite d'un doctorant en entomologie (Université Abomey Calavi).
A une réunion de 2 jours à la fin de cette première phase du projet avec la participation des trois spécialistes par pays et des facilitateurs de l'IITA.
A la rédaction d'un document du projet à plus long terme (vers une phase 2).
La phase 2 du projet "West African Fruit Fly Initiative (WAFFI)" ou Projet Régional de Lutte contre les Mouches des Fruits en Afrique de l'Ouest s'est achevée fin mars 2010. Elle s'étendait sur 8 pays : Bénin, Burkina-Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Mali, Sénégal et Togo.
Activités
Les activités développées au cours de cette phase étaient les suivantes :
Continuation du piégeage de détection (cf fiche technique Numéro 3) afin de mieux connaitre les pics de pullulation des espèces de mouches et de les utiliser comme outil d'aide à la décision pour le déclenchement des traitements avec le GF-120 (bait-sprays). En effet, c'est en liaison directe avec le seuil économique de nuisibilité (SEN) que l'on pourra ou non déclencher des actions de lutte (cf fiche technique Numéro 7)
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Continuation de la formation des formateurs en impliquant les propriétaires des vergers (leaders d'associations de producteurs) et des exportateurs en vue d'avoir un impact direct et plus important sur l'amélioration de la qualité de la mangue.
Essais multi-locaux avec les traitements par taches en utilisant le GF-120 dans les Vergers-Pilotes (cf fiche technique Numéro 4).
Promotion de la protection et de la gestion optimisée des fourmis tisserandes dans les Vergers-Pilotes (cf fiche technique Numéro 5).
Activités diverses de Recherche-Développement sur la lutte biologique (parasitoides et fourmis oecophylles) contre les mouches des fruits.
Résultats attendus
De façon globale, quatre résultats principaux étaient attendus pour cette seconde phase du projet à savoir :
La connaissance de la fluctuation des populations des diverses espèces de mouches dans chaque ZAE ciblée en Afrique de l'Ouest.
La baisse significative de l'infestation des mangues par les mouches des fruits dans les différents VP.
La publication et la distribution des 5 nouvelles fiches techniques (Numéro 6 à 10) sous dénomination IITA-CIRAD, février 2009.
Certaines méthodes de lutte (récoltes sanitaires et destruction de fruits piqués, bait-sprays avec le GF-120, activités de lutte biologique...) connues et adoptées par la plupart des planteurs des Vergers-Pilotes des ZAE ciblées.
Les résultats de WAFFI 2 sont satisfaisants et les bailleurs de fonds ont fait confiance à l'équipe pour la mise en oeuvre d'une troisième phase