
16.4.2008
Le Burkina Faso pris aussi dans la tourmente de la hausse des prix à la consommation
>> Faits saillants
- Les principales villes du pays ont connu des "manifestations contre la vie chère" en février et avril 2008.
- Un grand nombre de produits de consommation courante importés ou locaux (pas seulement alimentaires) ont connu des augmentations de prix au détail à deux chiffres au cours de la dernière année.
- L'augmentation des prix des céréales est importante mais ne présente pas un caractère exceptionnel dans une perspective historique de plus long terme.
- Aux facteurs externes et internes communs aux autres pays d'Afrique de l'Ouest, s'ajoute au Burkina Faso une suspicion sur le niveau réel de la récolte passée et une réforme fiscale qui se traduit par un bras de fer entre l'Etat et certains gros commerçants.
- L'Etat a mis en place des mesures de libération du stock d'intervention et certaines mesures fiscales ; mais s'oppose à augmenter les salaires. Ses marges de manoeuvre sont étroites et à haut risque économique.
- En l'absence de données sur les prix intermédiaires, il est assez difficile de savoir dans quelle mesure les augmentations de prix atteignent les producteurs et qui sont les gagnants de cette situation.
- Les ménages urbains ne paraissent pas avoir fondamentalement modifié leurs habitudes de consommation.
- Les tensions sur les prix ont l'avantage de remettre l'amélioration de la productivité agricole inscrite dans les documents d'orientation stratégique au coeur des priorités: intensification agricole, développement de l'irrigation, diversification des filières agro-sylvo-pastorales ...
- Cette situation récente ne remet pas en question l'objectif de réduire la dépendance énergétique du pays, notamment par le développement raisonné du potentiel biocarburant.
- Cette situation de crise milite pour la construction de marchés régionaux intégrés et de politiques régionales efficaces.
>>Contacts : M-H. Dabat et B. Barbier
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