

















Tiges de coton densifiées- burkina
Cette conférence qui s'est tenue à Ouagadougou sous l'égide du Ministère des Mines, des Carrières et de l'Energie burkinabé avec le concours financier du Ministère Français des Affaires Etrangères, de l'Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Energie (ADEME), de l'Agence Française de Développement (AFD) du fond Français pour l'Environnement mondiale FFEM, du programme Energie Intelligente pour l'Europe de l'Union européenne au travers du projet BEPITA et COMPETE, de DANIDA et du groupe Total a été l'occasion d'aborder l'ensemble des questions relatives à la mise en oeuvre de filières de production et d'utilisation des biocarburants dans les différents contextes africains.
Depuis les aspects agronomiques jusqu'aux aspects de marché en passant par les aspects techniques, règlementaires, environnementaux et éthiques, sans oublier le rôle que le secteur privé peut et doit jouer. Elle a bien mis en évidence que les biocarburants sont aujourd'hui une réalité et une opportunité que l'Afrique ne doit pas laisser passer. Ils doivent permettre de participer aux développements économiques et sociaux des pays africains, en réduisant notamment la fracture entre le monde urbain et le monde rural. Il ressort de l'ensemble des débats qui ont eu lieu durant cette conférence une convergence vers des recommandations à trois niveaux : le court terme (dès aujourd'hui), le moyen terme (5 - 10 ans) et à plus long terme (10- 20 ans).
il s'agira appuyer des actions locales destinées à réduire rapidement l'impact négatif sur la sécurité alimentaire de la non disponibilité et/ou du prix élevé des énergies fossiles Il faut favoriser le développement d'utilisations locales, à petite échelle, des biocarburants, particulièrement en faveur des exploitations familiales rurales, comme par exemple l'utilisation d'huiles végétales pour électrification rurale, la mécanisation, le pompage irrigation, ou encore le séchage, le décorticage et la mouture des productions alimentaires. Les discussions ont notamment permis de faire ressortir l'ambigüité du discours autour des bioénergies qui représentent certes un risque pour la sécurité alimentaire, si les garde fous institutionnels et les priorités nationales ne sont pas élaborés rapidement, mais constituent avant tout un enjeu d'accroissement de la productivité de l'agriculture et de l'amélioration de cette sécurité alimentaire quand une fraction seulement de la production agricole peut être détournée pour accroitre la productivité (irrigation) ou la conservation des produits (séchage, transformation) rendue possible par l'accès à l'énergie.
Les biocarburants peuvent ainsi permettre l'indispensable intensification agricole, libératrice de terres et garante du développement économique des populations rurales et des économies du sud. Le rôle des autorités publiques, afin d'orienter les acteurs du marché dans des voies offrant la meilleure adéquation avec les objectifs de développement nationaux, est fondamental.

valorisation déchets d'industrie
iIl est nécessaire d'engager dès maintenant des études et des recherches en faveur des cultures énergétiques agro-industrielles à grande échelle pour la production de Biodiesel et de Bioéthanol en s'appuyant d'abord sur des filières agricoles existantes tel le coton, en favorisant la « poly génération » par exemple en sélectionnant des variétés susceptibles de maintenir la qualité et les rendements en fibre tout en maximisant le rendement en huile des graine. La collecte des tiges et des sous-produits agricoles pourrait permettre la production simultanée de fibre végétale, de carburants et d'électricité tout en assurant l'indépendance énergétique des complexes industriels. De tels modèles existent déjà dans d'autres secteurs comme la canne à sucre (sucre et fibre). Ils offrent l'avantage de répartir les risques du marché et d'intensifier les revenus agricole sans nécessité de reconversions souvent douloureuses.
L'intensification agricole permettant d'augmenter les rendements et de faire face aux différents besoins de produits agricoles, dans le respect de l'environnement apparait également incontournable. Telle intensification nécessite une recherche agricole forte, pour proposer de nouveaux itinéraires techniques plus économes et mieux intégrés.
Ces recherches doivent bien sûr concerner également de nouvelles cultures, telle que le Jatropha ou les cultures ligno-cellulosique. Elles devront être menées avec le souci de minimiser le recours aux intrants ou porter sur des espèces moins exigeantes en eau, mais toujours avec le souci d'accroitre les revenus des populations locales en considérant la problématique de disponibilité des terres.
A l'horizon de la fin du pétrole accessible et bon marché, 2030-2040, il faut que l'Afrique se soit dotée de solutions de remplacement à partir de sa biomasse. Il faut donc qu'elle s'engage dès maintenant dans le développement de l'ensemble des filières Biomasse- Biocarburants en s'impliquant notamment dans les programmes de recherche internationaux pour disposer des technologies du futur et en préparant la formation de ses cadres et des acteurs de demain. L'ensemble des participants à été unanime pour reconnaitre que cette logique ne pourra pas se faire sans la mise en place :

unité de production d'électricité biomasse de 10 MWe
Ce cadre doit fixer les enjeux et définir les priorités nationales : sécurité alimentaire, sécurité énergétique, revenus locaux, ... afin de garantir l'équité envers les populations rurales mais aussi le cas échéant, un accès durable aux marchés ;
Compte tenu de la dynamique engagée et des besoins d'information technique sur les performances possibles (agronomie, carburants, moteurs...) manifestés, il est apparu utile de jalonner le développement des biocarburants par des rencontres telles que celle d'aujourd'hui pour :
C'est pourquoi, le Cirad et le 2IE, en partenariat avec les autorités nationales et les organisations sous régionales, s'engagent à mobiliser les moyens pour tenir en 2009 une seconde Conférence Internationale
"Enjeux et perspectives des biocarburants pour l'Afrique : Les biocarburants facteur d'insécurité ou moteur de développement ? ".
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