







Et moi ?
L'agriculture mondiale, telle qu'elle est pratiquée actuellement, ne pourra vraisemblablement pas relever simultanément les trois préoccupations majeures suivantes :
>>> La mission de la recherche agronomique est de réduire cette tension mondiale
Mais le défi est considérable et les forces de recherche mises en oeuvre au niveau mondial restent pour l'instant limitées. L'histoire du Cirad et son positionnement original lui permettent de se donner une réelle ambition s'il peut concentrer ses moyens et fédérer son effort de recherche sur des axes stratégiques.

Maraichage au Togo
Pour la recherche agronomique, le défi est de mettre les ressources et les dynamiques naturelles des milieux et des espaces ruraux au service de la production agricole et de l'environnement.
La "révolution verte" ayant montré ses limites, le relais doit maintenant être pris par l'intensification écologique, dont les buts sont multiples :
L'intensification écologique est une solution face aux impacts de la production agricole actuelle fondée largement sur l'apport d'intrants et la conversion des espaces naturels. Cette intensification devra tirer partie de la biodiversité fonctionnelle et des interactions biologiques pour exploiter les différentes fonctions naturelles des agrosystèmes :
Pour inventer cette nouvelle agriculture :

Moteur à huile végétale
Les cultures énergétiques suscitent bien des espoirs. La production décentralisée en circuit court à partir d'une ressource locale de biomasse peut apporter une réponse efficace dans des situations d'éloignement relatif (milieu rural, insularité ... ). Les bioénergies pourraient en outre dynamiser le développement rural en réduisant le coût d'accès à l'énergie et en créant de nouveaux débouchés marchands.
Mais les bioénergies peuvent aussi créer un risque supplémentaire d'appauvrissement lié à la baisse éventuelle des productions agricoles traditionnelles de subsistance et engendrer de nouvelles contraintes et de nouvelles tensions.
Le Cirad doit être en mesure de proposer des analyses scientifiques permettant de définir, dans des contextes agronomiques, écologiques et économiques spécifiques, ce que pourraient être la politique durable et les orientations de recherche de ce vaste champ thématique. Pour que les cultures énergétiques puissent représenter une opportunité de développement, les programmes de recherche doivent intégrer quatre types de questions :

Maraichage sans insecticides - Bénin
Les attentes des consommateurs évoluent sous l'effet de l'urbanisation, du rôle croissant du marché et de la distribution pour l'accès à l'alimentation, et de la complexification des filières. Les consommateurs, notamment ceux des pays du Nord, font attention, d'une part, à l'origine, à la salubrité et au mode d'utilisation du produit transformé et, d'autre part, aux conditions environnementales et sociales de la production et de l'échange.
Les mutations du secteur agroalimentaire (collecte, transformation, distribution) posent également des questions de compétitivité, d'organisation des filières et d'exclusion. La meilleure valorisation des productions locales sur les marchés locaux ou sur les marchés d'exportation est également un enjeu essentiel.
Enfin, dans tous les pays en croissance économique, les changements de modes de vie et l'augmentation des revenus induisent des modifications rapides des pratiques alimentaires qui causent de nouvelles pathologies : la transition nutritionnelle pose, dans certains cas, de graves problèmes de santé publique que le secteur agroalimentaire peut contribuer à gérer d'une façon plus satisfaisante.
La recherche doit permettre de caractériser tous ces changements, de comprendre leurs déterminants, d'élaborer et d'évaluer les itinéraires techniques et les politiques agroalimentaires dans un contexte évolutif. Dans le domaine de l'innovation technologique, la recherche doit désormais intégrer les nouvelles contraintes de coût et de qualité dans le but de concilier trois objectifs :

Suivi sanitaire
Koumbia - Burkina Faso
En milieu tropical, les contraintes sanitaires sont une préoccupation quotidienne des éleveurs. Or les maladies animales émergentes ou ré-émergentes sont en constante progression et, parmi elles, les zoonoses représentent des risques sérieux pour les sociétés humaines du Sud et du Nord.
L'accroissement des mouvements de personnes et de biens commerciaux, les changements climatiques et les bouleversements écologiques, la faiblesse de nombreux systèmes sanitaires dans les pays du Sud et les modifications des modes d'élevage, en particulier l'intensification, engendrent des conditions favorables au maintien, à l'extension et à l'émergence des maladies animales et zoonotiques, avec des impacts sanitaires ou économiques majeurs.
Dans ce domaine, la recherche doit mettre à profit aussi bien les connaissances de l'écologie et de l'épidémiologie que les ressources qu'offrent aujourd'hui la valorisation de la biodiversité et les biotechnologies.
La production agricole peut, dans certaines conditions, contribuer à la diminution des inégalités structurelles et de la pauvreté en milieu rural et en milieu urbain. L'agriculture remplit ce rôle lorsqu'elle fournit une alimentation suffisante et accessible dans un environnement assurant les fonctions essentielles à la vie, lorsqu'elle procure emplois et revenus, permettant ainsi aux familles d'accéder à des conditions de vie, de santé et d'éducation acceptables. L'agriculture familiale, qui regroupe la moitié de la population du monde, donne force aux structures familiales et sociales et contribue ainsi à la prévention et à la résolution de problèmes majeurs : malnutrition, dépendance sociale et environnementale des populations les plus démunies, migrations, conflits sur les ressources, etc.
Ces considérations invitent à élargir les questions habituellement traitées par la recherche agronomique à trois champs nouveaux qu'il est indispensable de mieux comprendre, de mieux analyser et de mieux accompagner :

Recherche-Action-Participative
Dentiola - Mali
Pour élaborer des modes de gestion durables au service du développement, il est indispensable d'avoir :
Dans ce but, trois principaux champs thématiques sont proposés :
Les interactions entre pratiques de production et dynamiques écologiques soulèvent des interrogations sur la maîtrise des risques et des évolutions, ainsi que des questions touchant à la gouvernance des territoires ruraux. Les problématiques du génie écologique et de la production de services écosystémiques doivent être abordées sous l'angle des bénéfices qu'elles peuvent apporter à la production agricole. Les questions qui ont trait aux relations entre les sociétés humaines et la nature au sens large doivent s'appuyer sur des approches combinant sciences de la vie et sciences humaines et sociales.
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